«Un moment de réflexion comme les dirigeants en vivent trop rarement»
Le groupe Roudié Miner est né de la fusion, en 2020, des entreprises Roudié (fondée en 1946, experte en peinture) et Miner (fondée la même année, spécialiste des sols). Avec plus de 200 collaborateurs, répartis sur six sites entre Toulouse et Bordeaux, et un chiffre d’affaires de plus de 40 millions d’euros en 2024, le groupe s’est imposé comme un acteur incontournable du second œuvre dans le Sud-Ouest de la France.
En 2025, Carmine Capital a accompagné Roudié Miner dans une opération d’Owner buy Out (OBO) minoritaire. Celle-ci a permis, en cohérence avec l’ambition de long terme des actionnaires historiques, l’entrée du fonds d’investissement Multicroissance. L’opération a également permis de renforcer la trajectoire de croissance du groupe et la continuité de son modèle entrepreneurial.
Parallèlement, Carmine Capital a accompagné Roudié Miner dans l’acquisition de la société Lacaze, permettant au groupe de renforcer son offre sur les métiers du sol et de s’imposer comme un pôle régional de référence, en dépassant les 50 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé.
Dans quelles circonstances avez-vous sollicité les équipes de Carmine Capital pour vous accompagner lors de ces diverses opérations ?
Mathieu Roudié : Par opportunité, j’avais acquis une bonne maîtrise des opérations se déroulant dans l’enceinte d’un tribunal. Quand Julien Miner m’a proposé de lui céder sa société, je lui ai fait part de mon souhait de nous associer, afin de lui apporter les métiers qui manquaient alors à son catalogue. De bâtir quelque chose ensemble, en somme.
Ma réflexion était la suivante : j’anticipais la consolidation inévitable du secteur du second œuvre, à l’image de ce qui s’est produit dans le gros œuvre et les techniques CVC (chauffage, ventilation, climatisation). Raison pour laquelle j’ai réalisé plusieurs opérations de croissance externe avant de fusionner avec Miner.
C’est à ce moment-là que j’ai été orienté vers Carmine Capital par Laurent Stanek, un client partenaire. La suite est une histoire de feeling et de confiance. La rencontre avec Anne-Laure m’a permis de me rendre compte que j’avais une vision erronée du M&A, que je croyais jusqu’alors réservé aux très grandes sociétés.
Pouvez-vous nous en dire plus sur cette rencontre ?
Mathieu Roudié : Les échanges avec Anne-Laure m’ont permis d’engager une profonde introspection sur mes motivations personnelles comme professionnelles. J’ai pu me livrer complètement, en répondant à des questions sur ma vision à cinq ou dix ans, ma situation familiale, mes objectifs patrimoniaux, en résumé mes enjeux à 360°. Finalement, ces échanges ont permis un moment de réflexion comme les chefs d’entreprise en vivent trop rarement.
J’ai pu à cette occasion me rendre compte que le M&A est un métier à part entière, qui requiert une expertise très pointue. J’ai également apprécié le fait d’avoir eu recours à un acteur indépendant, avec une vue large du marché et des entrées chez tous les investisseurs.
Avez-vous rencontré des surprises au cours de ce processus ? Des moments particulièrement marquants ?
Mathieu Roudié : Le processus a nécessité un investissement considérable de ma part et de celle de mes équipes. Les échanges avec les équipes de Carmine Capital m’ont, à ce titre, permis d’identifier dans mon organisation les collaborateurs clés à associer à ces démarches.
Je me souviens notamment de la présentation de l’Info Mémo, qui a été un moment de satisfaction et de fierté. Une vraie fierté, oui.
Quel conseil prodigueriez-vous aujourd’hui à des chefs d’entreprise qui seraient dans la situation qui était alors la vôtre ?
Mathieu Roudié : Je leur conseillerais de se poser régulièrement la question de leur vision à cinq ou dix ans. Tant du point de vue de leur entreprise que sur un plan personnel. Il est regrettable qu’encore trop peu de dirigeants d’entreprises du BTP et d’autres secteurs puissent s’accorder un tel moment d’introspection, pourtant essentiel afin d’aligner projet professionnel et projet d’entreprise.