Aides à la création d’entreprise et au financement : une gabegie ?

Aides à la création d’entreprise et au financement : une gabegie ?

Il est essentiel de soutenir le financement des start-ups et encourager les entrepreneurs dans leur phase d’amorçage. En revanche, multiplier les aides, sans lisibilité, ou les accorder à des start-ups qui n’ont aucune chance de se développer pose question.

Aides et subventions publiques pour les start-ups : des montants non négligeables

La Cour des comptes s’interroge sur l’absence de stratégie d’ensemble sur les 2,7 milliards d’euros dépensés en 2011 par l’Etat et des collectivités locales pour des projets de création d’entreprise. 80 % sont des aides directes aux entrepreneurs, avec 1,5 milliards d’euros sur l’assurance chômage et la Sécurité sociale seuls. L’Etat, la Caisse des dépôts et consignations et Oséo apportent 1,1 milliard et les collectivités locales, 111 millions d’euros.

Un manque de lisibilité dans les aides et subventions à destination des start-ups et des entreprises en amorçage ?

Les montants conséquents des aides et subventions masquent néanmoins une grande disparité, puisque seuls 50% des entrepreneurs en bénéficient.

Manque de visibilité sur la multitude des dispositifs, mais aussi un manque d’accompagnement des entrepreneurs lors des premières années suivant la création, période réputée la plus difficile, sont au premier banc des accusés.

Aussi le gouvernement devait-il travailler à une simplification des aides aux start-ups et aux TPE. Ce projet a malheureusement été laissé de côté malgré les demandes répétées formulées lors des Assises de l’entrepreneuriat…

 

Start-ups et PME innovantes : obtenir des aides et subventions à l’étranger, un chemin de croix ?

Start-ups et PME innovantes : obtenir des aides et subventions à l’étranger, un chemin de croix ?

Bien que généreux en matière de financement de la R&D (Recherche et développement), le gouvernement français ne dispose pas du monopole du soutien aux start-ups et PME innovantes au travers des aides et subventions.

Conditions d’accès aux subventions à l’étranger

Les conditions d’accès à ces subventions à l’étranger sont proches de celles qui prévalent en France, à savoir porter un projet innovant. En outre, la structure devra détenir son siège dans le pays ciblé, ou détenir une part importante de ses activités sur ce territoire.

Si la PME ne souhaite pas s’établir à l’étranger, elle peut néanmoins accéder à des projets collaboratifs bilatéraux (programmes européens, France-Chine, France-Russie, France-Japon …). Par exemple, la Commission européenne lance régulièrement des appels d’offre pour de grands programmes de R&D (ex. Horizon 2020, prévu en janvier 2014, doté de 80 milliards d’euros).

Principaux pays soutenant l’innovation

Parmi les pays les plus généreux, on trouve :

  • Le Canada. Le Canada s’avère un soutien précieux, combinant subventions fédérales et au niveau de chaque province.
  • L’Espagne. L’Espagne propose des aides gouvernementales et régionales importantes, avec un dispositif ressemblant fortement au CIR (Crédit d’impôt recherche) français.
  • L’Allemagne. En Allemagne, le soutien de la banque étatique, KFW, est considérable et peut se révéler très avantageux pour les énergies renouvelables. En outre, chaque Land propose des aides spécifiques. Les formes de soutien s’apparent la plupart du temps à des prêts ou des subventions directes.
  • Le Royaume-Uni. Son soutien s’apparente au CIR français.

Le CIR, uniquement applicable aux dépenses de R&D effectuées en France ?

Il est par ailleurs important de rappeler que le CIR français ne concerne pas que les dépenses de R&D engagées en France, mais l’ensemble des dépenses engagées ou supportées (via facturation) par la start-up ou la PME française sur le territoire de l’Union économique européenne.

 

Cession de PME et reprise d’entreprise : des prix qui repartent légèrement à la hausse

Cession de PME et reprise d’entreprise : des prix qui repartent légèrement à la hausse

D’après le dernier indice Argos Mid-Market, le prix de vente des PME non cotées a légèrement augmenté au premier trimestre 2013.

La reprise des PME par des acquéreurs industriels cotés explique la hausse des prix de cession de 5 %, qui se situent à un multiple moyen de 6,6 fois l’EBITDA (contre un multiple d’EBITDA de 6,3x au dernier trimestre 2012).

Tirée à la hausse par une reprise des marchés actions, cette évolution des prix de cession des PME masque néanmoins une activité M&A (fusions-acquisitions) et LBO relativement atone. Les acquisitions ou rachats d’entreprises de taille moyenne non cotées ont baissé de 13% en volume sur le 1er trimestre 2013 et de 36% en valeur. Les LBO ont diminué de 12% en volume et les multiples se situent à 6,6x l’EBITDA, comme sur les cessions auprès d’industriels, en fort recul par rapport à décembre 2012 (7,1 fois l’Ebitda).

On note une forte propension au rachat de ces PME par des acquéreurs étrangers, représentant ainsi près de 37 % des opérations de fusions-acquisitions réalisées par des industriels au 1er trimestre 2013.

Le capital retournement à l’arrêt

Le capital retournement à l’arrêt

Des levées de fonds en retournement proches du néant

Les levées de fonds réalisées par les fonds de capital retournement en 2012 ont été totalement nulles en 2012. Cela confirme la tendance au ralentissement, déjà constatée au niveau des investissements dans des sociétés en redressement ou sous procédure collective.

Des opérations de retournement rarissimes

Les derniers investissements en retournement de Butler Capital Partner et Caravelle, les deux fonds de retournement “phare”, datent de mi-2011, tandis que d’autres fonds sont devenus totalement inactifs (Verdoso, Fred) ou se repositionnent sur les investissements en capital développement.

Les causes

Rien de bien clair…Des entreprises qui arrivent beaucoup trop « tard » au Tribunal de commerce et sont inredressables ? L’impossibilité à trouver des accords avec les syndicats et partenaires sociaux ? La difficulté de négocier avec les créanciers ou actionnaires en place ? Cette situation contraste d’autant avec la situation économique actuelle, qui fait de plus en plus de (bons ?) candidats pour les fonds de retournement…

 

Le capital investissement en berne : mauvais signe pour les levées de fonds des start-ups et PME ?

Le capital investissement en berne : mauvais signe pour les levées de fonds des start-ups et PME ?

Les chiffres publiés par l’AFIC (Agence française des investisseurs pour la croissance) sur les levées de fonds réalisées par les fonds d’investissement et les investissements opérés dans les start-ups et PME en 2012 sont inquiétants. Ils mettent en avant une véritable fuite des capitaux et l’écart entre besoins en financement des entreprises et investissement en capital s’agrandit.

Des montants d’investissement et des levées de fonds en baisse

Les montants levés par les fonds d’investissement en 2012 accusent une forte baisse, selon l’AFIC. Le recul de 22% par rapport à 2011 est d’autant plus alarmant que les montants levés précédemment étaient déjà bien éloignés des besoins en financement des PME. S’établissant à 5 milliards d’euros, les montants investis dans les fonds d’investissement s’éloignent du besoin global des PME estimé à 11 milliards d’euros.

Principaux contributeurs aux levées de fonds des acteurs du private equity

L’Etat et les collectivités locales prennent un poids de plus en plus important parmi les financeurs des fonds d’investissement. En hausse de près de 37 % sur 2012, la contribution du secteur public devient très importante (plus d’un milliard sur les 5 levés au total).

Les principaux contributeurs restent encore les institutionnels (compagnies d’assurance, mutuelles, banques et caisses de retraite) mais leur part ne représente plus que 30% des levées de fonds totales, en repli continu depuis plusieurs années (-43% entre 2011 et 2012).

Les raisons de cette désertion des investisseurs

Les investisseurs institutionnels sont de plus en plus encadrés par la réglementation (Bâle 2 / Bâle 3), qui limite leur prise de risque et in fine, le rendement espéré. Ces acteurs préfèrent alors d’autres placements pour leur liquidités.

La conjoncture économique n’aide pas non plus aux levées de fonds : malgré un marché actions en hausse sur 2012, les plus-values n’ont pas toutes été réinvesties dans le non coté. La fragilité des entreprises décourage les investisseurs, en quête de placement plus sécurisés.

La conséquence : une baisse des investissements dans les start-ups et les PME

En 2012, les investissements dans les start-ups et PME ont baissé de 38%, s’établissant à 6,1 Md€. Avec un nombre constant d’entreprises financées (près de 1.500), le ticket moyen diminue, et ce, principalement sur les plus grosses opérations (montants supérieurs à 100M€).

Le financement de l’amorçage et du capital risque résiste légèrement mieux que le capital développement (-33%), le LBO (-41%) et surtout le capital retournement (pas un euro levé en 2012 !). En revanche, seuls 400M€ ont été investis dans le capital risque, accusant tout-de-même une baisse de 26%.

 

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